1. Une course usée par la côte de Možjanca
Nous l'avions annoncé dans notre présentation des Championnats d'Europe 2026 : sans Tadej Pogačar, forfait après sa chute sur la Vuelta, la course en ligne élite hommes s'annonçait ouverte. Elle l'a été jusqu'au dernier millimètre. Ce dimanche 4 octobre, sur 196,3 km entre Ljubljana et Šenčur, Remco Evenepoel a décroché le titre européen devant Giulio Ciccone, au terme d'un sprint à deux tranché par la photo-finish.
Le parcours alignait une partie en ligne de 85,8 km puis cinq tours d'un circuit de 22,1 km, chacun avec l'ascension de Možjanca : 2,1 km et des passages à 15,8 %, suivis d'un plateau vallonné et d'une descente vers l'arrivée. Au total, 2 571 m de dénivelé, avalés à près de 46 km/h de moyenne. Sur 115 partants, seuls 66 ont rallié l'arrivée.
Une échappée de six coureurs, dont le Slovène Luka Mezgec, a compté jusqu'à 1 min 30 s d'avance avant d'être reprise dans la deuxième ascension de Možjanca. Les Belges ont ensuite durci la course, avec Ramses Debruyne puis Maxim Van Gils, et neutralisé une offensive de Pavel Sivakov.
2. La chute, le retour, l'attaque décisive
Le tournant arrive au sommet de la quatrième ascension. Ciccone attaque, Evenepoel saute dans sa roue et le déborde, puis chute dans un virage à 36 km de l'arrivée. L'Italien se retrouve seul en tête, mais l'équipe de Belgique ramène son leader et une douzaine de coureurs dans la descente.
Evenepoel ne se contente pas de limiter les dégâts. À 32,7 km de l'arrivée, dans le faux plat qui précède la descente, il relance. Seul Ciccone tient. Le duo prend 30 secondes au début du dernier tour, puis 50 secondes au pied de l'ultime Možjanca sur un groupe de neuf poursuivants. Evenepoel assure l'essentiel du travail, Ciccone se cale dans sa roue.
3. Cinq millimètres sur la ligne
Le final se joue dans le dernier virage à angle droit, à 300 m de la ligne. Ciccone y prend une meilleure trajectoire et sort avec une dizaine de mètres d'avance. Evenepoel revient centimètre par centimètre et jette son vélo sur la ligne. Les deux coureurs sont crédités du même temps, 4 h 16 min 37 s.
Il faut la photo-finish pour les départager : 0,00028 seconde, soit environ cinq millimètres d'après les mesures relayées après la course. Un écart de l'ordre de l'épaisseur d'un boyau. Pour le Belge, c'est un titre qui manquait à son palmarès sur la course en ligne, quelques jours après les Mondiaux de Montréal où il avait conquis un nouveau titre sur le contre-la-montre.
4. Le classement et le reste de l'Euro
| Rang | Coureur | Pays | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Remco Evenepoel | Belgique | 4 h 16 min 37 s |
| 2 | Giulio Ciccone | Italie | même temps |
| 3 | Christian Scaroni | Italie | +59 s |
| 4 | Toms Skujiņš | Lettonie | +1 min 13 s |
| 5 | Iván Romeo | Espagne | +1 min 16 s |
| 9 | Léo Bisiaux | France | +1 min 18 s |
| 10 | Primož Roglič | Slovénie | +1 min 19 s |
Côté français, pas de podium dans la course en ligne : Léo Bisiaux termine meilleur Tricolore à la 9e place, et Mathys Rondel s'est montré dans le dernier tour en quittant le groupe de chasse avec Scaroni. Les Bleus se sont rattrapés sur les épreuves chronométrées : la France a remporté l'or en relais mixte, et le contre-la-montre élite du mercredi 7 octobre a vu Bruno Armirail (+7 s) et Maxime Decomble (+29 s) monter sur le podium derrière Primož Roglič, sacré à domicile. Evenepoel, tenant du titre, n'était pas au départ du chrono.
5. Specialized contre Trek : les vélos du duel
En sélection nationale, les coureurs gardent le matériel de leur équipe de marque. Le duel de Šenčur opposait donc deux philosophies américaines du vélo de course.
Evenepoel roule pour Red Bull-Bora-hansgrohe, équipée par Specialized. Depuis le Tour de France, l'équipe utilise le Tarmac SL9, une évolution plus aérodynamique du SL8, annoncée tout près de la limite UCI des 6,8 kg. Nous avons détaillé ce nouveau cadre dans notre article sur le lancement du Tarmac SL9. Dans notre comparateur, la référence reste pour l'instant le S-Works Tarmac SL8 Dura-Ace Di2 (13 500 €), ou le Tarmac SL8 Expert Ultegra Di2 (6 000 €) pour un budget plus raisonnable.
Ciccone court chez Lidl-Trek, dont le vélo de route principal en 2026 est le Trek Madone de 8e génération, monté en SRAM Red AXS. C'est un cadre aéro qui veut aussi grimper, la même promesse polyvalente que le Tarmac. Il est à retrouver en Madone SLR 9 Gen 8 (11 500 €) et Madone SLR 7 Gen 8 (8 000 €). Nous ne savons pas quel montage exact Ciccone utilisait dimanche : nous nous en tenons au vélo de son équipe.
| Vélo (catalogue) | Profil | Prix |
|---|---|---|
| S-Works Tarmac SL8 Dura-Ace Di2 | Polyvalent léger | 13 500 € |
| Tarmac SL8 Expert Ultegra Di2 | Polyvalent, montage Ultegra | 6 000 € |
| Trek Madone SLR 9 Gen 8 | Aéro polyvalent | 11 500 € |
| Trek Madone SLR 7 Gen 8 | Aéro polyvalent | 8 000 € |
Pour aller plus loin sur l'opposition entre les deux marques, lisez notre comparatif Trek ou Specialized : quelle marque choisir.
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