Tadej Pogačar a remporté ce dimanche son quatrième Liège-Bastogne-Liège consécutif, un exploit jamais réalisé. Mais à 19 ans, le Français Paul Seixas a tenu tête au Slovène jusqu'à la Roche-aux-faucons et signé une 2e place qui annonce une autre histoire — celle d'un grand champion en gestation.
Le dimanche 26 avril 2026, la 112e édition de Liège-Bastogne-Liège a tenu sa promesse. 259,5 km de Liège à Liège, onze côtes répertoriées, vitesse moyenne de 44,426 km/h : la Doyenne n'est pas le plus long monument du calendrier, mais c'est probablement le plus exigeant nerveusement, avec ses ascensions courtes et raides qui s'enchaînent dans le dernier tiers comme une succession de coups de marteau.
Le scénario s'est joué exactement là où on l'attendait. Sur la Côte de La Redoute, à 35 km de l'arrivée, Tadej Pogačar a placé une première accélération destinée à débrancher le peloton. À ce moment précis, un seul homme a réussi à le suivre roue dans roue : Paul Seixas. Pas Remco Evenepoel, qui avait pourtant fait de cette course son objectif majeur du printemps. Pas Egan Bernal, ni aucun des autres favoris annoncés. Un Français de 19 ans, dans sa première saison entière chez les pros.
Pendant 21 km, les deux hommes ont roulé de concert, distance maintenue sur le peloton de chasse. Puis, dans la Roche-aux-faucons à 14 km de l'arrivée, Pogačar a remis un coup de braquet. Trop, cette fois, pour le jeune Français. Le Slovène a rejoint Liège en solitaire, bras levés, pour signer une victoire historique avec 45 secondes d'avance sur Seixas, et plus de 1 minute 40 sur le groupe Evenepoel/Verstrynge/Bernal.
Quatre Liège-Bastogne-Liège d'affilée. Personne dans l'histoire de la course n'avait réalisé une telle série. Eddy Merckx en a remporté cinq, mais jamais quatre consécutifs. Moreno Argentin, Alejandro Valverde : aucun n'a aligné quatre éditions de suite. Pogačar, à 27 ans seulement, écrit un nouveau chapitre dans la longue histoire de la Doyenne — la plus ancienne classique du calendrier (créée en 1892).
Au-delà du record, c'est la manière qui impressionne. Pogačar a couru cette saison 2026 comme on chasse les cinq monuments en une année : Tour des Flandres déjà gagné, deuxième à Paris-Roubaix derrière Van Aert, premier à Liège. Il ne lui reste plus que Milan-San Remo (qu'il avait perdue en mars dans un sprint contre Mathieu van der Poel) et le Tour de Lombardie en octobre pour boucler la quintessence — une feuille de route qui n'avait plus été tentée sérieusement depuis Eddy Merckx.
Avant cette Doyenne 2026, le grand public connaissait Paul Seixas pour son titre mondial junior du contre-la-montre en 2024. Aujourd'hui, le pratique deviendrait presque incompréhensible : le Français de Decathlon CMA CGM Team a aligné, en trois mois, un palmarès qui change la donne du cyclisme français.
Avec ce résultat, et à 19 ans et 194 jours, Seixas est désormais le 3e plus jeune coureur à remporter une course World Tour dans l'histoire — derrière Remco Evenepoel et Joshua Tarling, mais devant Pogačar lui-même. Ce n'est plus un espoir. C'est un nom qu'il faudra placer dans la liste des favoris de chaque grand rendez-vous, à commencer par le Tour de France 2026.
La comparaison la plus tentante reste Pogačar lui-même, mais Seixas a un profil qui rappelle aussi un jeune Bernard Hinault par sa polyvalence : capable de sprinter en petit comité, de grimper en finesse, de rouler vite seul face au vent. Le saut de qualité entre 2025 et 2026 est tel que sa courbe semble pouvoir le porter directement vers les podiums de grands tours dès l'an prochain.
Sur les pentes liégeoises, Tadej Pogačar pilotait sa monture de référence pour les classiques : le Colnago V4Rs millésime 2026, mis au point en collaboration avec UAE Team Emirates-XRG. Selon Colnago, le couple vélo + coureur revendique 19 à 20 watts de moins à 50 km/h par rapport à la précédente génération — un gain qui n'est pas marginal sur une course qui s'est jouée sur des écarts de quelques poignées de secondes.
Le V4Rs est positionné comme un vélo « toutes situations » : suffisamment léger pour les ascensions raides type Mur de Huy, suffisamment aéro pour ne pas pénaliser sur les transitions à plat, et assez rigide pour encaisser les attaques à 800+ watts dont Pogačar est friand. Son cadre intègre un cockpit one-piece, une gestion intégrale des câbles, et accepte des pneus jusqu'à 32 mm — la nouvelle norme du peloton pro.
Colnago n'est pas distribué dans la sélection SupraCycle (la marque italienne reste très peu présente sur les canaux mainstream), mais le profil du V4Rs correspond à ce que l'on retrouve aujourd'hui sur les meilleurs vélos polyvalents du marché — léger, aéro, intégré, équipé Shimano Dura-Ace Di2.
Le récit du printemps 2026 est aussi celui d'un vélo. Quand Decathlon a engagé son équipe en WorldTour avec Van Rysel comme partenaire vélo, beaucoup ont haussé les épaules : la marque française issue de la grande surface allait-elle vraiment tenir face à Specialized, Trek ou Cervélo ? La réponse est tombée sur les routes belges : le Van Rysel RCR-R est désormais l'un des vélos les plus victorieux du printemps.
Paul Seixas roule sur une configuration assez précise :
| Élément | Spécification Seixas 2026 |
|---|---|
| Cadre | Van Rysel RCR-R Carbon (version pro classiques/montagne) |
| Groupe | SRAM Red AXS 12v sans fil |
| Roues | Swiss Side Hadron³ Ultimate (profils 30/38/50/62 mm selon parcours) |
| Pneus | Continental GP 5000 S TR 30 mm tubeless |
| Selle | Fizik Vento Argo 00 |
| Pédales | Look Kéo Blade Ceramic |
Le modèle grand public le plus proche, et le seul qui combine le même cadre RCR PRO avec la transmission SRAM RED AXS, est le Van Rysel RCR PRO SRAM RED AXS à 8 999€. Pas donné, mais largement sous le tarif d'un Tarmac SL8 S-Works ou d'un Madone SLR 9 équipés équivalents — pour le même cadre que celui qui fait gagner les classiques.
| Place | Coureur | Équipe | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Tadej Pogačar | UAE Team Emirates-XRG | 5h50'28" |
| 2 | Paul Seixas | Decathlon CMA CGM Team | + 45" |
| 3 | Remco Evenepoel | Soudal Quick-Step | + 1'42" |
| 4 | Emiel Verstrynge | — | + 1'42" |
| 5 | Egan Bernal | INEOS Grenadiers | + 1'42" |
Trois mois avant le Grand Départ du Tour de France 2026, ce Liège-Bastogne-Liège a posé les bases de la grille de favoris. Pogačar reste le grand favori incontesté — non seulement il gagne, mais il gagne à un rythme qui transforme chaque course en démonstration de force. Vingegaard, qui a fait l'impasse sur les Ardennes, devra hausser le niveau au Critérium du Dauphiné pour rester crédible.
Côté français, le scénario change radicalement. Avec Seixas en forme actuelle, la France peut espérer mieux qu'un Top 10 sur le Tour. Une présence dans le Top 5 du général paraît plausible si le calendrier s'enchaîne sans incident, et même un podium si Pogačar venait à connaître une mauvaise journée. C'est inédit depuis la grande période Pinot/Bardet du milieu des années 2010.
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