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Peugeot revient dans le vélo : ce que prépare la marque au lion pour 2027

Licence signée jusqu'en 2042, production relancée à Romilly-sur-Seine dès octobre 2026, gamme route et gravel en carbone, pneus Michelin. Voilà ce que l'on sait vraiment du retour de Peugeot Cycles, et ce que ça change pour vous.

Par L'équipe SupraCycle · Publié le 3 septembre 2026 · 7 min de lecture
Sommaire
  1. Ce qui a été annoncé au Mans
  2. La gamme 2027 : route, gravel, VTT, ville
  3. Romilly-sur-Seine : jusqu'où va le « made in France » ?
  4. Un palmarès qui pèse lourd
  5. Confirmé, probable, inconnu : le tableau
  6. Faut-il attendre Peugeot pour acheter un vélo de route ?

1. Ce qui a été annoncé au Mans

C'est aux 24 Heures du Mans, en juillet, que Peugeot a choisi d'officialiser son retour dans le vélo. Le cadre n'a rien d'anodin : la marque y célébrait cent ans de présence en compétition automobile, et elle en a profité pour dévoiler une gamme de cycles complète attendue pour 2027.

Derrière l'annonce, il n'y a pas Stellantis directement. Peugeot Cycles fonctionne sous licence, comme Peugeot Motocycles, et c'est le groupe français Rebirth qui pilote désormais la branche vélo. Rebirth n'est pas un inconnu : il possède déjà Solex, Matra, Gitane, Lejeune ou encore Coleen, et il avait repris Cycleurope France en septembre 2024, entité rebaptisée Re-Cycles à cette occasion. C'est dans ce rachat que se trouvaient les marques Peugeot Cycles et Gitane, ainsi que le réseau de magasins Vélo & Oxygen.

L'accord signé avec Peugeot court jusqu'en 2042. Ce n'est pas un détail : une licence de seize ans n'est pas un coup de communication, c'est un engagement industriel long. Pour diriger la branche cycles, Rebirth a recruté Vincent Ancelin, une figure connue du vélo français.

Le point important à retenir Peugeot Cycles n'est pas « une nouvelle marque ». Le nom n'avait jamais complètement disparu des rayons, il vivait sous licence chez Cycleurope avec une gamme majoritairement urbaine et électrique. Ce qui change en 2027, c'est le pilote, l'ambition, et le retour d'une vraie offre sportive.

2. La gamme 2027 : route, gravel, VTT, ville

La collection dévoilée au Mans couvre presque tous les usages : route, gravel, VTT, ville et longue distance, avec des modèles musculaires et des modèles à assistance électrique. Trois vélos ont particulièrement retenu l'attention.

Le vélo de route

C'est celui qui nous intéresse le plus ici. Peugeot annonce un châssis carbone aux lignes volontairement élégantes, dans une esthétique plus classique que les silhouettes très sculptées des aéros actuels. Aucune donnée technique n'a en revanche été communiquée : ni poids de cadre, ni géométrie, ni groupes retenus, ni tarifs. À ce stade, il faut donc considérer le modèle route comme une intention de design plus que comme un produit dont on connaît les performances.

Le gravel

Le gravel est sans doute le modèle le plus abouti de la présentation : cadre carbone à orientation performance, mais avec une boîte à gants intégrée et de multiples points d'ancrage pour le bikepacking. C'est la recette standard du gravel moderne, correctement exécutée.

Le VTT électrique

Châssis aluminium simple, moteur Avinox M2S et batterie 800 Wh. Le choix d'Avinox, la motorisation développée par DJI, est cohérent avec ce qui se fait de plus performant aujourd'hui sur le VTTAE. Peugeot annonce également un accessoire permettant de recharger un vélo électrique depuis la batterie d'une voiture électrique, clin d'œil assumé à la maison mère.

Côté équipementiers, un nom ressort : Michelin fournira les pneumatiques de la gamme. Là encore, l'histoire n'est pas neutre, Michelin ayant été partenaire titre de l'équipe cycliste Peugeot pendant plus d'une décennie.

3. Romilly-sur-Seine : jusqu'où va le « made in France » ?

C'est le point sur lequel il faut être précis, parce que c'est celui qui sera le plus instrumentalisé en communication. La production en série doit démarrer en octobre 2026 à Romilly-sur-Seine, dans l'Aube, sur le site historique où Peugeot fabriquait déjà des vélos et qui appartient aujourd'hui à Re-Cycles France. La commercialisation suivra entre fin 2026 et début 2027 selon les modèles, via les réseaux Vélo & Oxygen et Ovelo du groupe.

Mais Vincent Ancelin a lui-même reconnu que les premiers modèles reposent sur des châssis de sous-traitants, le développement interne ne faisant que commencer. Autrement dit : ce qui se passe à Romilly-sur-Seine en 2026 et 2027, c'est de l'assemblage et de la finition, pas du moulage de carbone. C'est exactement le schéma retenu par la quasi-totalité des marques européennes, y compris les plus prestigieuses, et ce n'est pas un scandale. Mais entre « assemblé en France » et « fabriqué en France », il y a un monde, et il faudra lire les fiches produits avec attention.

4. Un palmarès qui pèse lourd

Si le nom fait vibrer les cyclistes de plus de quarante ans, ce n'est pas pour rien. Peugeot fabrique des vélos depuis 1886, et son équipe cycliste a existé, sous différentes appellations, depuis 1901 jusqu'à la fin des années 1980. Le maillot blanc à damier noir reste l'un des plus reconnaissables de l'histoire du cyclisme.

La marque revendique dix victoires sur le Tour de France, trois sur la Vuelta et quatre titres de champion du monde. Bernard Thévenet a remporté ses deux Tours, en 1975 et 1977, sous les couleurs Peugeot. Michelin est devenu partenaire titre en 1965, pour une décennie complète. L'aventure sportive s'est arrêtée en 1986, quand Michelin s'est retiré et que la formation Peugeot-Shell-Talbot a disputé sa dernière saison.

Ce capital sympathie est un actif réel, mais c'est aussi un piège. Un lion sur un tube de direction ne fabrique pas un cadre rigide, et le marché de 2027 n'est pas celui de 1977 : en face, Van Rysel a démontré en quelques saisons qu'une marque française pouvait s'imposer sur la performance pure, tandis que Lapierre traverse une passe difficile malgré des décennies de savoir-faire.

5. Confirmé, probable, inconnu : le tableau

Beaucoup d'articles ont mélangé annonces officielles et suppositions. Voici le tri.

Élément Ce que l'on sait Statut
OpérateurGroupe Rebirth, via Re-Cycles FranceConfirmé
Durée de la licenceAccord avec Peugeot jusqu'en 2042Confirmé
ProductionRomilly-sur-Seine, série dès octobre 2026Confirmé
CommercialisationFin 2026 à début 2027 selon les modèlesConfirmé
DistributionRéseaux Vélo & Oxygen et OveloConfirmé
PneumatiquesPartenariat Michelin sur la gammeConfirmé
Vélo de route carbonePrésenté au Mans, aucune fiche techniqueAnnoncé, non détaillé
Origine des cadresChâssis de sous-traitants au lancementReconnu par la direction
PrixAucun tarif communiquéInconnu
Groupes et rouesAucune informationInconnu
Retour en compétitionAucune équipe annoncéeInconnu

6. Faut-il attendre Peugeot pour acheter un vélo de route ?

Non, et pour une raison simple : on ne peut pas conseiller un vélo dont on ne connaît ni le poids, ni le groupe, ni le prix, ni la géométrie. Un lancement de gamme complète en une seule saison est par ailleurs l'exercice le plus difficile qui soit pour un constructeur, et les premiers millésimes servent souvent de rodage.

Si vous cherchez un vélo de route maintenant, avec un attachement à l'industrie française, deux pistes sont déjà solides et documentées.

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À budget plus contenu, le Lapierre Xelius SL 5.0 à 2 999€ et le Van Rysel EDR CF 105 Di2 à 4 200€ couvrent bien le terrain, l'un en grimpeur, l'autre en endurance. Et si la santé de l'industrie française vous intéresse, notre article sur le redressement judiciaire de Lapierre donne le contexte dans lequel arrive Peugeot.

Notre avis Le retour de Peugeot est une bonne nouvelle pour la filière française, et la licence jusqu'en 2042 comme la relance de Romilly-sur-Seine sont des signaux sérieux. Mais soyons clairs : tant qu'aucun poids, aucun prix et aucune géométrie n'ont été publiés, il n'y a rien à comparer. Nous jugerons la gamme route sur pièces, quand elle arrivera en concession début 2027. En attendant, méfiez-vous du raccourci « marque française donc vélo français » : au lancement, les cadres viendront de sous-traitants, la direction l'a dit elle-même. C'est honnête de sa part, autant que ce soit dit aussi de la nôtre.

Bien s'équiper en attendant

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